• DELHI ! (1991-1998)

    DELHI ! (1991-1998)Lors de mes nombreux voyages en Inde, New Delhi- Old Delhi fut très souvent pour moi la porte d’entrée de ce grand pays. Comme je le décrivais dans mon dernier article sur mon épique voyage en bus de Katmandou vers la capitale indienne nous arrivions près de Old Delhi Gate dans ce qu'on appelait « Tourist Camp », se trouvant en face de la bourse de Delhi, jouxtant les quartiers musulmans de la ville. À chaque passage dans la capitale, j'irais dans cet « hôtel-camping-bungalow », tenu par des anciens de l’armée indienne, se trouvant sur un terre-plein entre deux rues de quatre voies où la circulation ne s’arrêtait jamais. Un havre de paix pour ceux qui connaissent la capitale indienne, bruyante, polluée et grouillante de population en continuelle mouvement.

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    Tourist Camp était donc le point de départ et d’arrivée des bus direct vers le Népal, le lieu de transit des bus, motos, camping-car faisant un tour du monde, DELHI ! (1991-1998)voire une simple traversée de l'Europe vers l'Asie. On y croisait alors souvent des allemands, des hollandais, même des français, équipés de monstrueux bus aménagés pour traverser n'importe quel désert du monde. On côtoyait aussi des motards qui affichaient des milliers de kilomètres à travers la Russie, le Pakistan, la Chine et j'en passe. On pouvait planter sa tente dans un magnifique jardin très bien entretenu. Un restaurant proposait aussi quelques plats confectionnés par des népalais (encore!), déjà capable de cuisiner quelques plats occidentaux. Les rencontres étaient nombreuses et les discussions DELHI ! (1991-1998)des bons plans et aventures de chacun allaient bon train. Les chambres étaient minuscules, mais faites en torchis, restaient fraiches quelques soient les saisons. Enfin, pour conclure sur ce grand jardin où l'on pouvait vraiment se reposer avant de continuer « la route », n'est plus aujourd'hui et depuis apparemment un sacré bout de temps. La modernisation de la capitale indienne aura eu raison de ce petit coin de tranquillité.

    DELHI ! (1991-1998)Par contre la situation de ce « camp » était idéal ! On pouvait commencer des marches interminables dans les rues de la capitale ! À deux pas de la gare principale, on pouvait y accéder par l’arrière de celle-ci et par des ponts piétons enjambant les 20 ou 30 quais de cette gare, on rejoignait alors Pahar Ganj se situant en face de son entrée principale.

     

    DELHI ! (1991-1998)

     

    Pahar Ganj, lieu emblématique où les « travellers » se retrouvaient, une sorte de DELHI ! (1991-1998)« beatnik street ». Cette rue où restaurants et lodges bon marchés abondaient. De nombreux revendeurs de bijoux fantaisies et « souvenirs » de toute l'Inde avaient aussi pignon sur rue ; ils vendaient au poids pour la plupart du temps ces bagues et boucles d'oreilles que l'on retrouvait inévitablement sur les marchés d’été des stations balnéaires françaises, leurs marchands espérant vendre ces bijoux pour repartir à l'automne vers ce pays fascinant ! À l’entrée de cette rue cosmopolite, était « Le lieu » où les junkies venaient se fournir en Brown et Blanche pas si blanche que ça ! La foule était dense et souvent des occidentaux sans le sous, aidés d'indiens encore plus déshérités flairaient le voyageur non averti pour le soulever, l'encadrant, bloquant ses bras, pris dans la foule sans pouvoir bouger, il se voyait alors dépouiller de ce qu'il pouvait avoir dans les poches mais aussi se faire alléger de son éventuel petit sac-à-dos...

    Un peu plus loin, laissant Pahar Ganj derrière nous sur notre droite, on rejoignait la fameuse Connaught Circle Place où en son sein, on trouvait un grand parc où DELHI ! (1991-1998)toute une faune vivait , se promenait, travaillait là. Autour de ces grandes pelouses plutôt miteuses de nombreuses rues circulaires, s'enchainant les unes derrière les autres, offraient de nombreux restaurants, boutiques en tous genres, même de luxe, mais on trouvait aussi la fameuse antenne indienne de la banque gérant les fameux traveller’s chèques. Se bousculaient devant la porte ceux qui voulaient changer en liquide ces chèques de voyages, mais aussi tous les « changeurs au black » proposant des taux de changes beaucoup plus élevés que le cours officiel. Dans un pays qui venait de s'ouvrir aux marchés extérieur, les commerçants cherchaient du Dollars, des devises pour acheter des denrées importables et forcément à très fortes plus-value. Nombreux étaient aussi les voyageurs qui essayaient de se faire rembourser leur chèque de voyages soit-disant volés (pour la plupart)...Avec quelques centaines de dollars, on pouvait alors continuer le voyage en doublant sa mise de départ...Les années passant, on me dit que cela devenait, bien-sûr, de plus en plus improbable de pratiquer « cette arnaque ». Et puis sur les cotés de l’entrée-DELHI ! (1991-1998)escalier de la banque, mis à part les traditionnels mendiants, surtout des femmes avec des bébés, ce devait être porteur à cet endroit, on trouvait des étrangers qui sans un sou, espéraient que quelques généreux « backpackers » leur donnent l’aumône pour qu'ils puissent pour nombreux aller s'acheter leur dose de Brown Sugar. New Delhi était ainsi, sa réputation lui collait à la peau ! En face du parc, où on trainait, regardait le spectacle de « l'Inde », faisant le coin d'un des anneaux , il y avait le fameux Wimpees, fast-food où l'on pouvait manger (pour changer du riz) des hamburgers au mouton (attention vache sacrée) accompagnés de frites et de Thumb Up, le Coke local...Un étrange délice, mais la répétition des thalis( riz accompagné de son éternelle soupe de lentilles) nous faisait apprécier et courir vers de drôle de choses.

    À Delhi, on passait donc nos journées à marcher, à contempler mais aussi et surtout DELHI ! (1991-1998)à se rendre dans les gares et stations de bus pour d'interminables queues afin de réserver des billets pour continuer le voyage...

    Le soir, en revenant vers Old Delhi vers Tourist Camp, on se rapprochait du DELHI ! (1991-1998)grand quartier musulman entourant la grande mosquée, pas très loin du Fort Rouge et du mémorial de Ghandi, où au bord de la Yamuna, le Mahatma fut incinéré après son assassinat lors des mois qui suivirent indépendance de l'Inde en 1947 ; encore un grand parc où il était agréable d'y passer la journée. Non loin se trouvait « Old Delhi Gate », une sorte de d'arc de triomphe séparant la nouvelle, de l'ancienne Delhi. À coté du monument, tel un énorme panneau publicitaire, se trouvait un compteur démographique en temps réel, affichant fièrement l’évolution du nombre de la population indienne, espérant que pour l'an 2000, le milliard d'habitants serait dépassé...Qu'il se rassure, c'est fait, et depuis bien longtemps !

    Le bazar entourant la grande mosquée était aussi vraiment magnifique : Magasins colorés DELHI ! (1991-1998)très « indiens », magasin de sari, de bracelets DELHI ! (1991-1998)en verre ou plastique, bijoux préférés de l'indienne lambda, confiseurs et marchands de pâtisseries orientales et porteur de thé à chaque coin de rue, vendeurs de cassettes audio des derniers films « made in Bollywwod », marchands de vaisselle en inox, étincelante dans la nuit indienne, et puis tous ces magasins débordants de marchandises en tous genres où dans un gigantesque DELHI ! (1991-1998)« bordel organisé », on trouvait sûrement ce que toutes ménagères indiennes et bricoleurs en herbe devaient avoir besoin. Les Hindous emplissaient la rue comme les musulmans dans une harmonie bon enfant. Les vaches qui arpentaient les rues DELHI ! (1991-1998)DELHI ! (1991-1998)de la capitale

     

      étaient rentrées chez leur propriétaire pour se faire traire et y passer la nuit après leur errance quotidienne dans les rues embouteillées de la ville. Le bazar se fermait petit à petit au fil de la soirée et en rentrant dans notre jardin-hôtel, on ne DELHI ! (1991-1998)pouvait plus marcher sur les trottoirs, devenus de gigantesque dortoirs à ciel ouvert, principalement des rickshaws-walla dormant dans la rue après avoir pédaler et trainer leurs clients toute la journée dans la ville tumultueuse. Dans ce quartier on trouvait aussi les « abattoirs », en DELHI ! (1991-1998)effet, les musulmans s'occupaient de tuer et dépiauter les bêtes à cornes, chèvres et buffles entre autre, choses que les Hindous ne voulaient pas entendre parler. Un jour se trompant de rue et s’enfonçant dans le méandre du bazar, j’étais arrivé où les vaches, pas toutes sacrées donc, enfin DELHI ! (1991-1998)pas pour tous du moins, finissaient leur vie avant de finir dans les assiettes des mangeurs de barbaques ; en pleine ville, dans des rues parallèles se trouvaient aussi les tanneurs, évidemment. J'aurais du m'en douter à l'odeur, mais jeune voyageur, on ne se rend pas compte tout ! Les mouches et les gargouilles remplies de sang auraient du aussi me mettre la puce à l'oreille...

    C’était donc aussi cela Delhi. La campagne à la ville. Des gens venus s'y entasser tous les jours, pleins de rêves de réussites, fuyant la pauvreté des villages mais vivant de la même manière au sein de la ville, ce qui, au niveau sanitaire était plutôt problématique. Je suppose que ce doit encore pire aujourd'hui, mais désormais cela doit se passer dans des banlieues lointaines, la nouvelle ville ayant DELHI ! (1991-1998)surement pris ses aises et repoussé la majorité de ces populations arrivées avec ses illusions d'une nouvelle vie heureuse. Non concernées par l’émergence économique du pays, elles auront été parquées vers des quartiers éloignés de cette ville tentaculaires qui compte aujourd'hui près de 20 millions d'habitant ! Mais ce phénomène de « nettoyage » des centre-ville est un phénomène mondiale, en France, à Bangkok et j'en passe...Les fameuses « zones vertes » ! En dehors de cette zone, le CHAOS !

    Lors de notre premier voyage en 1991, après notre arrivée en compagnie de nos amis tibétains, nous avions prévu de nous rendre aux sources du Gange, d’où notre refus aimable de nous rendre avec Rinpoché à Dharamsala. Dans la lancée de nos DELHI ! (1991-1998)marches himalayennes, nous irions vers la source du Gange de façon non-ordinaire, c'est-à-dire, à pied, par l'ancien chemin de montagne, se trouvant sur l'autre rive de la rivière où désormais une route (de tous les dangers) emmenait les pèlerins dans toutes sortes d'engins motorisés vers leur « Graal ». Pour quitter Delhi, nous devions d'abord prendre un bus à Cachemire Gate, gare routière gigantesque, qui nous emmènerait dans un premier temps à Haridwar, une des quatre villes mythiques où a lieu tous les douze ans, la Khumba Mela. Le voyage initiatique pouvait continuer vers Mother GANGA !

    PS : Nombres de photos ont été piochées dans Google images...Elles représentent ce que j'ai du souvenir de Delhi ! Merci à ceux qui les ont prises...

    « La gazette de Ban Pangkhan (7). (du 13/11 au 10/12/2011) Vers les sources du Gange ! (déc 91). Delhi-Haridwar »

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  • Commentaires

    1
    JP
    Dimanche 25 Août 2013 à 17:28

    Le Tourist Camp de Dehli Gate n'existe donc plus. Ca me fait un peu bizarre,j'y ai séjourné plusieurs fois dans les années 80. Un endroit calme dans le tumulte de la ville, bien tenu et sans embrouilles. Arrivant du Népal, j'y avais déposé mes achats pour pouvoir continuer la route plus léger. J'étais monté à McLeod Ganj puis étais descendu sur Pushkar. Trois mois après, quand il a bien fallut rentrer, tout était là. J'aime aussi beaucoup le Kerala, Varanasi, Calcutta et pleins d'autres endroits. Merci pour votre blog que je consulte depuis hier et qui me fait voyager. Jean-Pierre.

    2
    Dimanche 25 Août 2013 à 17:55

    C'est un plaisir de partager...nous aurions pu nous croiser d'ailleurs !

    Jeff de l'ISAN désormais.

    3
    JP
    Jeudi 29 Août 2013 à 16:01

    J'ai voyagé en Inde de 1979 à 1988. S'en est suivi une période de rupture où j'ai pratiqué l'Asie du sud-est (Viet-Nam et Thaïlande). Puis l'Inde à nouveau, de 1998 à 2001. L'Inde fut un gros morceau, une étape importante dans ma vie. J'en ai fait le tour (au sens propre) avec les trains, les bus, etc..En tout, j'ai dû y séjourner quatre ans et m'y rendre une quinzaine de fois. Lors de ma deuxième pèriode sur place, j'ai surtout acheté du materiel pour faire du commerce avec la Suisse, notament depuis le Kerala, que j'avais découvert en 1982. A présent, je suis "branché" Thaïlande. J'y ai rencontré mon épouse et une nouvelle famille. Nous avons deux enfants et beaucoup de bonheurs. La Thaïlande fut une sorte d'éblouissement, je me souvient que lors de mon 1er séjour sur place je me suis souvent dis<<incroyable ça existe>>. C'est vrai que célibataire à l'époque j'y ai fait une java d'enfer. Maintenant, c'est trés différent. Nous nous rendons dans son village de l'Isaan qui est une région que j'adore, j'y suis le seul Bok Sida et c'est génial. Nee est originaire d'un village au bord de la Mae Naam Chi situé dans le district de Po Chaï, province de Roi Et. C'est là que je finirais mes jours, la retraite est prévue dans cette partie de la Thaïlande largement préservée du tourisme. Votre vie sur place fait vraiment envie, mais nous avons décidé que nos fille étudierons en Suisse avant de nous y installer. Bravo pour votre blog, riche et varié. J'aurais aussi d'autres commentaires, sur d'autres sujets car, aparament, nous avons plusieurs points communs. Jean-Pierre.

    4
    Jeudi 29 Août 2013 à 17:00

    En effet beaucoup de similitude dans les parcours, j'ai tourné et viré plusieurs fois autour de cette magnifique "planète" qu'est L'Inde, totalement envouté par Bénarès dans un premier temps où irrémédiablement j'y retournais, je me suis posé un long moment au Kérala où j'avais construit une petite maison sur les hauts des falaises nord de Varkala derrière le temple de Janardhana avant que cela ne devienne ce que c'est devenu(je suis retourné fin 2011), même si le développement touristique n'a rien à voir avec ce que certains endroits de Thaïlande peuvent connaître...Et puis un jour je suis venu par ici, en ISAN, et j'y suis encore aujourd'hui, sur les bords de la Mea nam Chi dans la province de Roi Et mais du coté de la frontière de la province de Yasothon...Alors serons-nous voisins un jour ? l'avenir le dira...
    Bok Sida you con dio thi Ban Pangkhan...
    Pougny Jeff

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